Les internautes représentent moins de 10% de la population en Afrique. La toile reste l’apanage des classes moyennes dans les grandes villes. Diagnostique et progrès attendus.

Selon les derniers chiffres précis de l’International Télécommunications Union, soutenu par les Nations Unies, en 2009 on estimait que 8,8 pour cent de la population utilisait internet en Afrique. Soit environ 20 fois plus d’utilisateurs qu’en 2000.

Entre temps, les entreprises se sont équipées et les points d’accès collectifs ont fleuri. Internet fait partie du quotidien des classes moyennes et supérieures des capitales africaines. Mais cela s’arrête là.

Avec un taux de pénétration de la bande passante dans les foyers africains de seulement 0,1%, internet peine à atteindre la population au delà de l’entreprise et des points de connexion collectifs citadins.

Résultat du peu connectés sur le continent: le géant Google ne juge pas le marché assez important pour véritablement entamer sa conquête.

« Internet n’est pas encore assez développé sur le continent pour que google puisse y déployer ses activités à but non lucratif » constate Tidiane Deme, le directeur du pôle pour l’Afrique francophone du projet Google Africa, « pour l’instant, nous préparons et nous étudions le marché ».

Les obstacles au développement d’internet

Une des raisons : le coût de l’abonnement individuel à internet n’a pas encore baissé de manière significative sur le continent, et certainement pas assez pour être abordable par la plupart des Africains.

La bande passante coûte un peu plus cher en Afrique que sur les autres continents. Une connexion 512 kilo octet (connexion de base), à raison de 20 heures par mois, coûte environ le même prix chez les grands opérateurs qu’une connexion vingt fois plus importante et en accès illimitée en Europe ou aux Etats Unis.

« Il existe deux voix d’acheminement d’internet, la voix satellitaire et la voix sous marine, par fibre optique. Pour l’instant, un seul câble sous marin fournit l’internet à toute la côte ouest-africaine. Il relie l’Afrique du Sud à la Grande Bretagne » , explique Olivier Sagna, secrétaire général d’Osiris, l’observatoire sur les systèmes d’informations les réseaux et les inforoutes au Sénégal.

Or, ce câble a été construit par un consortium de compagnies avec un droit de regard sur son utilisation, qu’elles facturent cher aux opérateurs concurrents.

Une situation de monopole que l’on retrouve à peu près sous la même forme dans les autres régions cotières du continent, et qui empêche les prix de baisser.

Il y a aussi ce que les spécialistes appellent l’alphabétisation numérique. « Tout le monde ne sait pas se servir d’un ordinateur. Cela nécessite un apprentissage, et il y a des pré-requis : il faut savoir lire », souligne Sagna.

Enfin, le prix des terminaux : les ordinateurs comme les portables équipés d’internet ne sont pas abordables pour tout le monde.

Internaute africain

Les internautes représentent moins de 10% de la population en Afrique. La toile reste l’apanage des classes moyennes dans les grandes villes. Diagnostique et progrès attendus.

Selon les derniers chiffres précis de l’International Telecommunications Union, soutenu par les Nations Unies, en 2009 on estimait que 8,8 pour cent de la population utilisait internet en Afrique. Soit environ 20 fois plus d’utilisateurs qu’en 2000.

Entre temps, les entreprises se sont équipées et les points d’accès collectifs ont fleuri. Internet fait partie du quotidien des classes moyennes et supérieures des capitales africaines. Mais cela s’arrête là.

Avec un taux de pénétration de la bande passante dans les foyers africains de seulement 0,1%, internet peine à atteindre la population au delà de l’entreprise et des points de connexion collectifs citadins.

Résultat du peu connectés sur le continent: le géant Google ne juge pas le marché assez important pour véritablement entamer sa conquête.

« Internet n’est pas encore assez développé sur le continent pour que google puisse y déployer ses activités à but non lucratif » constate Tidiane Deme, le directeur du pôle pour l’Afrique francophone du projet Google Africa, « pour l’instant, nous préparons et nous étudions le marché ».

Les obstacles au développement d’internet

Une des raisons : le coût de l’abonnement individuel à internet n’a pas encore baissé de manière significative sur le continent, et certainement pas assez pour être abordable par la plupart des Africains.

La bande passante coûte un peu plus cher en Afrique que sur les autres continents. Une connexion 512 kilo octet (connexion de base), à raison de 20 heures par mois, coûte environ le même prix chez les grands opérateurs qu’une connexion vingt fois plus importante et en accès illimitée en Europe ou aux Etats Unis.

« Il existe deux voix d’acheminement d’internet, la voix satellitaire et la voix sous marine, par fibre optique. Pour l’instant, un seul câble sous marin fournit l’internet à toute la côte ouest-africaine. Il relie l’Afrique du Sud à la Grande Bretagne « , explique Olivier Sagna, secrétaire général d’Osiris, l’observatoire sur les systèmes d’informations les réseaux et les inforoutes au Sénégal.

Or, ce câble a été construit par un consortium de compagnies avec un droit de regard sur son utilisation, qu’elles facturent cher aux opérateurs concurrents.

Une situation de monopole que l’on retrouve à peu près sous la même forme dans les autres régions cotières du continent, et qui empêche les prix de baisser.

Il y a aussi ce que les spécialistes appellent l’alphabétisation numérique. « Tout le monde ne sait pas se servir d’un ordinateur. Cela nécessite un apprentissage, et il y a des pré-requis : il faut savoir lire », souligne Sagna.

Enfin, le prix des terminaux : les ordinateurs comme les portables équipés d’internet ne sont pas abordables pour tout le monde.

Carte des cables à fibre optique en Afrique
Carte des cables à fibre optique en Afrique

Progrès attendus

Première avancée significative attendue : le prix de la connexion va baisser, c’est certain.

D’abord, un satellite de rechange devrait être installé, entrainant une baisse considérable des couts pour ceux qui sont connectés par satellite- soit tous les pays non côtiers. Ce satellite dont l’installation devrait être terminée en 2012 fournira une connexion moins chère et plus rapide.

Autres grandes avancées prévues d’ici 2012 : la construction de trois nouveaux câbles qui alimenteront l’Afrique de l’Ouest, mettant fin au monopole en place dans cette région.

Enfin, pour les entreprises du secteur l’espoir porte sur les téléphones mobiles.

« Si on doit parier sur une plateforme d’avenir pour internet sur le continent, il s’agit sans aucun doute du téléphone mobile  » estime Tidiane Deme de Google.

On estime à 450 million le nombre de téléphones portables sur le continent, soit un taux de pénétration du marché de quelques 50 pour cent.

Si le prix des téléphones équipés pour se connecter au net est encore élevé, on s’attend à une baisse des prix des Smartphones d’ici la fin de l’année, ils pourraient descendre en dessous de la barre des 100 dollars.

100 dollars c’est encore beaucoup en regard des revenus moyens.

Mais pour Tidiane Deme, ce n’est pas forcément un obstacle : pour lui les africains sont prêts à payer chers pour être connectés, comme ils sont prêts à payer cher, en regard de leurs revenus, pour téléphoner.

Selon un rapport de l’ITU demandé par l’ONU et paru il y a un mois, le prix des télécommunications (internet et téléphonie) en Afrique représente 41 % du salaire moyen, alors qu’il ne représente même pas 2 % des salaires des européens.

Boom encore à venir ?

Est-ce que les progrès techniques et les baisses des prix permettront à internet de devenir un véritable marché en Afrique?

« Nous ne nous attendons pas à une pénétration du marché comparable à celle des téléphones portables sur le moyen terme » estime Olivier Sagna de l’Osiris.

Pour lui, la démocratisation de la toile peut se faire uniquement par le développement des points d’accès collectifs: « il faudra d’abord un effort des collectivités locales, des organisations de la société civile et des privés ».

« On va bientôt commencer à parler de connexions individuelles », assure à contrario Tidiane Deme, qui compte sur la large adoption des téléphones portables équipés de l’accès au net.

« Je pense que les gens sous estiment toujours la capacité d’adoption des nouvelles technologies par les Africains. Je crois que la pénétration du Smartphone et de l’internet mobile va aller beaucoup plus vite que les estimations les plus optimistes ».

Pour l’heure tout porte à croire que la demande des africains pour la toile va continuer d’augmenter. Le secteur des télécommunications est le seul à avoir connu un tel essor en Afrique au cours des dix dernières années, quasi sans soutien public.

« Même si les économies (africaines) ne sont pas des économies de l’information, cela reste un secteur moteur, notamment pour les entreprises qui veulent être présentes sur un marché international » dit Olivier Sagna « cela démultiplie les opportunités pour tous les secteurs de la société « .

« Le continent recèle beaucoup de petites et moyennes entreprises qui font des choses intéressantes, mais avec une visibilité limitée. Internet peut rendre visible ce que ces entreprises font pour des partenaires et clients potentiels partout dans le monde, en plus de l’efficacité dans le travail et une augmentation de l’activité qu’apporte une communication améliorée », renchérit Tidiane Deme.

Boom encore à venir ?

Est-ce que les progrès techniques et les baisses des prix permettront à internet de devenir un véritable marché en Afrique?

« Nous ne nous attendons pas à une pénétration du marché comparable à celle des téléphones portables sur le moyen terme » estime Olivier Sagna de l’Osiris.

Pour lui, la démocratisation de la toile peut se faire uniquement par le développement des points d’accès collectifs: « il faudra d’abord un effort des collectivités locales, des organisations de la société civile et des privés ».

« On va bientôt commencer à parler de connexions individuelles », assure à contrario Tidiane Deme, qui compte sur la large adoption des téléphones portables équipés de l’accès au net.

« Je pense que les gens sous estiment toujours la capacité d’adoption des nouvelles technologies par les Africains. Je crois que la pénétration du Smartphone et de l’internet mobile va aller beaucoup plus vite que les estimations les plus optimistes ».

Pour l’heure tout porte à croire que la demande des africains pour la toile va continuer d’augmenter. Le secteur des télécommunications est le seul à avoir connu un tel essor en Afrique au cours des dix dernières années, quasi sans soutien public.

« Même si les économies (africaines) ne sont pas des économies de l’information, cela reste un secteur moteur, notamment pour les entreprises qui veulent être présentes sur un marché international » dit Olivier Sagna « cela démultiplie les opportunités pour tous les secteurs de la société « .

« Le continent recèle beaucoup de petites et moyennes entreprises qui font des choses intéressantes, mais avec une visibilité limitée. Internet peut rendre visible ce que ces entreprises font pour des partenaires et clients potentiels partout dans le monde, en plus de l’efficacité dans le travail et une augmentation de l’activité qu’apporte une communication améliorée », renchérit Tidiane Deme.

Sources : http://www.bbc.co.uk/french/highlights/story/2010/09/100923_internetafrica.shtml